Les spéléologues de la narine
Clément avait écouté leurs histoires toute la soirée, sans rien dire, faisant griller sa guimauve sur le feu de camp. Celle du dingue à la tronçonneuse était gratinée, mais il avait mieux.
« Moi, c’est un dermato qui m’a calmé. Un rigolo tout petit avec une barbichette, façon leprechaun.
« Ah les boutons, là ? » qu’il m’a dit. « Ça vient d’un staphylo, c’est rien, on a l’habitude. Je vais vous prescrire une crème. Faut pas se tripoter le visage !
— Quoi, on a des staphylos qui se promènent comme ça sur nous ?
— Plein ! Surtout dans le pif ! Qui attendent tranquillement une opportunité. »
Je suis sorti du cabinet, j’étais guéri.
J’ai pensé si ça se trouve c’est rien que du bluff ; il dit ça exprès pour calmer les spéléologues de la narine. Et depuis j’ai vérifié.
Je n’aurais pas dû. »
Inspiration : quelques échanges sur Mastodon et cet article Staphylococcus epidermidis de Wikipédia en français (auteurs) Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 4.0.
